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Leconte de Lisle, mer, en français Effacer les filtres

RomantiqueLeconte de Lisle

Nell

Ta rose de pourpre, à ton clair soleil, O Juin, étincelle enivrée ; Penche aussi vers moi ta coupe dorée : Mon cœur à ta rose est pareil. Sous le mol abri de la feuille ombreuse Monte un soupir de volupté ; Plus d’un ramier chante au bois écarté, O mon cœur, sa plainte amoureuse. Que ta perle est douce au ciel parfumé, Étoile de la nuit pensive ! Mais combien plus douce est la clarté vive Qui rayonne en mon cœur charmé ! La chantante mer, le long du rivage, Taira son murmure éternel, Avant qu’en mon cœur, chère amour, ô Nell, Ne fleurisse plus ton image !
AnxieuxLeconte de Lisle

Les Hurleurs

Le soleil dans les flots avait noyé ses flammes, La ville s’endormait aux pieds des monts brumeux ; Sur de grands rocs lavés d’un nuage écumeux La mer sombre en grondant versait ses hautes lames. La nuit multipliait ce long gémissement. Nul astre ne luisait dans l’immensité nue : Seule, la lune pâle, en écartant la nue, Comme une morne lampe oscillait tristement. Monde muet, marqué d’un signe de colère, Débris d’un globe mort au hasard dispersé, Elle laissait tomber de son orbe glacé Un reflet sépulcral sur l’océan polaire. Sans borne, assise au nord, sous les cieux étouffants, L’Afrique, s’abritant d’ombre épaisse et de brume, Affamait ses lions dans le sable qui fume,