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Victor Hugo, amour, en français Effacer les filtres

RomantiqueVictor Hugo

Viens ! — une flûte invisible

Viens ! — une flûte invisible Soupire dans les vergers. — La chanson la plus paisible Est la chanson des bergers. Le vent ride, sous l’yeuse, Le sombre miroir des eaux. — La chanson la plus joyeuse Est la chanson des oiseaux. Que nul soin ne te tourmente. Aimons-nous ! aimons toujours ! — La chanson la plus charmante Est la chanson des amours.
RomantiqueVictor Hugo

Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine

Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine ; Puisque j’ai dans tes mains posé mon front pâli ; Puisque j’ai respiré parfois la douce haleine De ton âme, parfum dans l’ombre enseveli ; Puisqu’il me fut donné de t’entendre me dire Les mots où se répand le cœur mystérieux ; Puisque j’ai vu pleurer, puisque j’ai vu sourire Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux ; Puisque j’ai vu briller sur ma tête ravie Un rayon de ton astre, hélas ! voilé toujours ; Puisque j’ai vu tomber dans l’onde de ma vie Une feuille de rose arrachée à tes jours ; Je puis maintenant dire aux rapides années : Passez ! Passez toujours ! je n’ai plus à vieillir ; Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées ;
RomantiqueVictor Hugo

Chanson

Si vous n’avez rien à me dire, Pourquoi venir auprès de moi ? Pourquoi me faire ce sourire Qui tournerait la tête au roi ? Si vous n’avez rien à me dire, Pourquoi venir auprès de moi ? Si vous n’avez rien à m’apprendre, Pourquoi me pressez-vous la main ? Sur le rêve angélique et tendre, Auquel vous songez en chemin, Si vous n’avez rien à m’apprendre, Pourquoi me pressez-vous la main ? Si vous voulez que je m’en aille, Pourquoi passez-vous par ici ? Lorsque je vous vois, je tressaille : C’est ma joie et c’est mon souci.
RomantiqueVictor Hugo

À une femme

Enfant ! si j’étais roi, je donnerais l’empire, Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux, Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre, Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire, Pour un regard de vous ! Si j’étais Dieu, la terre et l’air avec les ondes, Les anges, les démons courbés devant ma loi, Et le profond chaos aux entrailles fécondes, L’éternité, l’espace, et les cieux, et les mondes, Pour un baiser de toi !