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Triste, Marceline Desbordes-Valmore, en français Effacer les filtres

TristeMarceline Desbordes-Valmore

Souvenir

Quand il pâlit un soir, et que sa voix tremblante S’éteignit tout à coup dans un mot commencé ; Quand ses yeux, soulevant leur paupière brûlante, Me blessèrent d’un mal dont je le crus blessé ; Quand ses traits plus touchants, éclairés d’une flamme Qui ne s’éteint jamais, S’imprimèrent vivants dans le fond de mon âme, Il n’aimait pas : j’aimais !
TristeMarceline Desbordes-Valmore

Qu'en avez-vous fait ?

Vous aviez mon cœur, Moi, j’avais le vôtre : Un cœur pour un cœur ; Bonheur pour bonheur ! Le vôtre est rendu, Je n’en ai plus d’autre ; Le vôtre est rendu, Le mien est perdu ! La feuille et la fleur Et le fruit lui-même, La feuille et la fleur, L’encens, la couleur : Qu’en avez-vous fait, Mon maître suprême ? Qu’en avez-vous fait, De ce doux bienfait ?
TristeMarceline Desbordes-Valmore

Les Séparés

N’écris pas ! Je suis triste, et je voudrais m’éteindre ; Les beaux étés, sans toi, c’est l’amour sans flambeau. J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre ; Et, frapper à mon cœur, c’est frapper au tombeau. N’écris pas ! N’écris pas ! n’apprenons qu’à mourir à nous même. Ne demande qu’à Dieu… qu’à toi si je t’aimais. Au fond de ton silence écouter que tu m’aimes, C’est entendre le ciel sans y monter jamais. N’écris pas ! N’écris pas ! Je te crains ; j’ai peur de ma mémoire ; Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent. Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire. Une chère écriture est un portrait vivant. N’écris pas ! N’écris pas ces deux mots que je n’ose plus lire :