Dikter om ämnet: forêt

Dikter om ämnet ”forêt” på Poets.by.

EftertänksamLeconte de Lisle

Le Rêve du jaguar

Sous les noirs acajous, les lianes en fleur, Dans l’air lourd, immobile et saturé de mouches, Pendent, et, s’enroulant en bas parmi les souches, Bercent le perroquet splendide et querelleur, L’araignée au dos jaune et les singes farouches. C’est là que le tueur de bœufs et de chevaux, Le long des vieux troncs morts à l’écorce moussue, Sinistre et fatigué, revient à pas égaux. Il va, frottant ses reins musculeux qu’il bossue ; Et, du mufle béant par la soif alourdi, Un souffle rauque et bref, d’une brusque secousse, Trouble les grands lézards, chauds des feux de midi, Dont la fuite étincelle à travers l’herbe rousse. En un creux du bois sombre interdit au soleil
DrömmandeHenri de Régnier

Odelette I

Un petit roseau m’a suffi Pour faire frémir l’herbe haute Et tout le pré Et les doux saules Et le ruisseau qui chante aussi ; Un petit roseau m’a suffi À faire chanter la forêt. Ceux qui passent l’ont entendu Au fond du soir, en leurs pensées, Dans le silence et dans le vent, Clair ou perdu, Proche ou lointain… Ceux qui passent en leurs pensées En écoutant, au fond d’eux-mêmes, L’entendront encore et l’entendent Toujours qui chante.
EftertänksamCharles Baudelaire

Correspondances

La Nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles ; L’homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l’observent avec des regards familiers. Comme de longs échos qui de loin se confondent Dans une ténébreuse et profonde unité, Vaste comme la nuit et comme la clarté, Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants, Doux comme les hautbois, verts comme les prairies, — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants, Ayant l’expansion des choses infinies, Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens, Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
GladArthur Rimbaud

Tête de faune

Dans la feuillée, écrin vert taché d’or, Dans la feuillée incertaine et fleurie De fleurs splendides où le baiser dort, Vif et crevant l’exquise broderie, Un faune effaré montre ses deux yeux Et mord les fleurs rouges de ses dents blanches. Brunie et sanglante ainsi qu’un vin vieux Sa lèvre éclate en rires sous les branches. Et quand il a fui − tel qu’un écureuil — Son rire tremble encore à chaque feuille Et l’on voit épeuré par un bouvreuil Le Baiser d’or du Bois, qui se recueille.
EftertänksamAnna de Noailles

L’Offrande à la nature

Nature au cœur profond sur qui les cieux reposent, Nul n’aura comme moi si chaudement aimé La lumière des jours et la douceur des choses L’eau luisante et la terre où la vie a germé. La forêt, les étangs et les plaines fécondes Ont plus touché mes yeux que les regards humains, Je me suis appuyée à la beauté du monde Et j’ai tenu l’odeur des saisons dans mes mains. J’ai porté vos soleils ainsi qu’une couronne Sur mon front plein d’orgueil et de simplicité, Mes jeux ont égalé les travaux de l’automne Et j’ai pleuré d’amour aux bras de vos étés. Je suis venue à vous sans peur et sans prudence Vous donnant ma raison pour le bien et le mal, Ayant pour toute joie et toute connaissance