Poemas sobre el tema: jeunesse

Poemas sobre el tema «jeunesse» en Poets.by.

AlegreVictor Hugo

La Coccinelle

Elle me dit : Quelque chose Me tourmente. Et j’aperçus Son cou de neige, et, dessus, Un petit insecte rose. J’aurais dû — mais, sage ou fou, À seize ans, on est farouche, — Voir le baiser sur sa bouche Plus que l’insecte à son cou. On eût dit un coquillage ; Dos rose et taché de noir. Les fauvettes pour nous voir Se penchaient dans le feuillage. Sa bouche fraîche était là : Je me courbai sur la belle, Et je pris la coccinelle ; Mais le baiser s’envola.
TristePaul Verlaine

Le ciel est, par-dessus le toit

Le ciel est, par-dessus le toit, Si bleu, si calme ! Un arbre, par-dessus le toit Berce sa palme. La cloche dans le ciel qu’on voit Doucement tinte. Un oiseau sur l’arbre qu’on voit Chante sa plainte. Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là, Simple et tranquille. Cette paisible rumeur-là Vient de la ville. — Qu’as-tu fait, ô toi que voilà Pleurant sans cesse, Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà. De ta jeunesse ?
RománticoLeconte de Lisle

Lydia

Lydia, sur tes roses joues, Et sur ton col frais, et plus blanc Que le lait, roule étincelant L'or fluide que tu dénoues. Le jour qui luit est le meilleur : Oublions l'éternelle tombe. Laisse tes baisers de colombe Chanter sur tes lèvres en fleur. Un lys caché répand sans cesse Une odeur divine en ton sein : Les délices, comme un essaim, Sortent de toi, jeune Déesse ! Je t'aime et meurs, ô mes amours ! Mon âme en baisers m'est ravie. Ô Lydia, rends-moi la vie, Que je puisse mourir toujours !
SoñadorGérard de Nerval

Une allée du Luxembourg

Elle a passé, la jeune fille. Vive et preste comme un oiseau : À la main une fleur qui brille, À la bouche un refrain nouveau. C’est peut-être la seule au monde Dont le cœur au mien répondrait ; Qui venant dans ma nuit profonde D’un seul regard l’éclairerait !… Mais non, — ma jeunesse est finie… Adieu, doux rayon qui m’a lui, — Parfum, jeune fille, harmonie… Le bonheur passait — il a fui !
TristeÉmile Nelligan

Le Jardin d'antan

Rien n’est plus doux aussi que de s’en revenir Comme après de longs ans d’absence, Que de s’en revenir Par le chemin du souvenir Fleuri de lys d’innocence, Au jardin de l’Enfance. Au jardin clos, scellé, dans le jardin muet D’où s’enfuirent les gaietés franches, Notre jardin muet Et la danse du menuet Qu’autrefois menaient sous branches Nos sœurs en robes blanches. Aux soirs d’Avrils anciens, jetant des cris joyeux Entremêlés de ritournelles, Avec des lieds joyeux Elles passaient, la gloire aux yeux,
TristeÉmile Nelligan

Devant deux portraits de ma mère

Ma mère, que je l’aime en ce portrait ancien, Peint aux jours glorieux qu’elle était jeune fille, Le front couleur de lys et le regard qui brille Comme un éblouissant miroir vénitien ! Ma mère que voici n’est plus du tout la même ; Les rides ont creusé le beau marbre frontal ; Elle a perdu l’éclat du temps sentimental Où son hymen chanta comme un rose poème. Aujourd’hui je compare, et j’en suis triste aussi, Ce front nimbé de joie et ce front de souci, Soleil d’or, brouillard dense au couchant des années. Mais, mystère de cœur qui ne peut s’éclairer ! Comment puis-je sourire à ces lèvres fanées ? Au portrait qui sourit, comment puis-je pleurer ?
TristeCharles Baudelaire

L'Ennemi

Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage, Traversé çà et là par de brillants soleils ; Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage, Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils. Voilà que j’ai touché l’automne des idées, Et qu’il faut employer la pelle et les râteaux Pour rassembler à neuf les terres inondées, Où l’eau creuse des trous grands comme des tombeaux. Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve Trouveront dans ce sol lavé comme une grève Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ? — Ô douleur ! ô douleur ! Le Temps mange la vie, Et l’obscur Ennemi qui nous ronge le cœur Du sang que nous perdons croît et se fortifie !
AlegreArthur Rimbaud

Roman

I On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. — Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! — On va sous les tilleuls verts de la promenade. Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ; Le vent chargé de bruits, — la ville n’est pas loin, — A des parfums de vigne et des parfums de bière… II — Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon D’azur sombre, encadré d’une petite branche, Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond Avec de doux frissons, petite et toute blanche… Nuit de juin ! Dix-sept ans ! — On se laisse griser. La sève est du champagne et vous monte à la tête…
TristeArmand Silvestre

Automne

Automne au ciel brumeux, aux horizons navrants, Aux rapides couchants, aux aurores pâlies, Je regarde couler, avec l’eau des torrents, Tes jours faits de mélancolies. Sur l’aile du regret mes esprits emportés, — Comme s’il se pouvait que notre âge renaisse ! — Parcourent, en rêvant, les coteaux enchantés Où jadis sourit ma jeunesse. Je sens, au clair soleil du souvenir vainqueur, Refleurir en bouquet les roses déliées Et monter à mes yeux des larmes, qu’en mon cœur, Mes vingt ans avaient oubliées !