Guillaume Apollinaire

Guillaume Apollinaire est un poète français né en 1880 et mort en 1918. Il est connu pour ses recueils « Alcools » et « Calligrammes », qui renouvellent la poésie par leur modernité et leur exploration de la simultanéité. Biografie ↓Mehr ↓

Gedichte

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Le Chat

Je souhaite dans ma maison Une femme ayant sa raison, Un chat passant parmi les livres, Des amis en toute saison Sans lesquels je ne peux pas vivre.

Marie

Vous y dansiez petite fille Y danserez-vous mère-grand C’est la maclotte qui sautille Toutes les cloches sonneront Quand donc reviendrez-vous Marie

Des masques sont silencieux Et la musique est si lointaine Qu’elle semble venir des cieux Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine Et mon mal est délicieux

Les brebis s’en vont dans la neige Flocons de laine et ceux d’argent Des soldats passent et que n’ai-je Un cœur à moi ce cœur changeant Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s’en iront tes cheveux Crépus comme mer qui moutonne Sais-je où s’en iront tes cheveux Et tes mains feuilles de l’automne Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine Un livre ancien sous le bras Le fleuve est pareil à ma peine Il s’écoule et ne tarit pas Quand donc finira la semaine

Annie

Sur la côte du Texas Entre Mobile et Galveston il y a Un grand jardin tout plein de roses Il contient aussi une villa Qui est une grande rose

Une femme se promène souvent Dans le jardin toute seule Et quand je passe sur la route bordée de tilleuls Nous nous regardons

Comme cette femme est mennonite Ses rosiers et ses vêtements n’ont pas de boutons Il en manque deux à mon veston La dame et moi suivons presque le même rite

Automne

Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux Et son bœuf lentement dans le brouillard d’automne Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux

Et s’en allant là-bas le paysan chantonne Une chanson d’amour et d’infidélité Qui parle d’une bague et d’un cœur que l’on brise

Oh ! l’automne l’automne a fait mourir l’été Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises

Automne malade

Automne malade et adoré Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies Quand il aura neigé Dans les vergers

Pauvre automne Meurs en blancheur et en richesse De neige et de fruits mûrs Au fond du ciel Des éperviers planent Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines Qui n’ont jamais aimé

Aux lisières lointaines Les cerfs ont bramé

Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs Les fruits tombant sans qu’on les cueille Le vent et la forêt qui pleurent Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille Les feuilles Qu’on foule Un train Qui roule La vie S’écoule

Crépuscule

Frôlée par les ombres des morts Sur l’herbe où le jour s’exténue L’arlequine s’est mise nue Et dans l’étang mire son corps

Un charlatan crépusculaire Vante les tours que l’on va faire Le ciel sans teinte est constellé D’astres pâles comme du lait

Sur les tréteaux l’arlequin blême Salue d’abord les spectateurs Des sorciers venus de Bohême Quelques fées et les enchanteurs

Ayant décroché une étoile Il la manie à bras tendu Tandis que des pieds un pendu Sonne en mesure les cymbales

L’aveugle berce un bel enfant La biche passe avec ses faons Le nain regarde d’un air triste Grandir l’arlequin trismégiste

L'Adieu du cavalier

Ah Dieu ! que la guerre est jolie Avec ses chants ses longs loisirs Cette bague je l’ai polie Le vent se mêle à vos soupirs

Adieu ! voici le boute-selle Il disparut dans un tournant Et mourut là-bas tandis qu’elle Riait au destin surprenant

L’Écrevisse

Incertitude, ô mes délices Vous et moi nous nous en allons Comme s’en vont les écrevisses, À reculons, à reculons.

Biografie

Guillaume Apollinaire, né en 1880 à Rome et mort en 1918 à Paris, est un poète et écrivain français. Il publie « Alcools » en 1913 et « Calligrammes » en 1918, qui rassemblent ses poèmes les plus novateurs. Sa poésie explore la modernité urbaine, l'amour, la mélancolie et l'expérience de la guerre. Il s'affranchit de la ponctuation traditionnelle et pratique le vers libre, créant des poèmes visuels appelés calligrammes. Il joue un rôle central dans l'émergence des avant-gardes et invente le terme « surréalisme ». Ses écrits critiques, comme « Les Peintres cubistes » (1913), témoignent de son engagement auprès des artistes de son temps. Il meurt de la grippe espagnole en 1918, peu avant la fin de la Première Guerre mondiale. Son œuvre, qui mêle tradition et innovation, a profondément influencé la poésie du XXe siècle.

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