Le poème évoque un paysage d’hiver saisi par le gel et la neige, mais ce décor extérieur dit surtout une détresse intérieure. Dès le premier vers, la répétition « Ah ! comme la neige a neigé ! » donne un ton de plainte presque enfantine, comme si le monde entier était enseveli. La vitre couverte de givre devient un jardin figé, et les étangs gelés répondent aux espoirs morts du locuteur. Son âme est « noire » ; il ne sait plus où il vit ni où il va. L’image de la « nouvelle Norvège » transforme le cœur en pays du Nord abandonné par la lumière. Le poème demande aux oiseaux de février de pleurer à sa place, mêlant ses larmes aux branches du genévrier. L’hiver n’est donc pas seulement une saison : c’est un état d’âme. La reprise finale, avec « tout l’ennui que j’ai », referme le texte sur une douleur immobile, sans issue.
Soir d’hiver — Résumé
Ah ! comme la neige a neigé ! Ma vitre est un jardin de givre. Ah ! comme la neige a neigé ! Qu’est-ce que le spasme de vivre À la douleur que j’ai, que j’ai.
Tous les étangs gisent gelés, Mon âme est noire ! où-vis-je ? où vais-je ? Tous ses espoirs gisent gelés : Je suis la nouvelle Norvège D’où les blonds ciels s’en sont allés.
Pleurez, oiseaux de février, Au sinistre frisson des choses, Pleurez, oiseaux de février, Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses, Aux branches du genévrier.
Ah ! comme la neige a neigé ! Ma vitre est un jardin de givre. Ah ! comme la neige a neigé ! Qu’est-ce que le spasme de vivre À tout l’ennui que j’ai, que j’ai !…