Les Horloges — Résumé

La nuit, dans le silence en noir de nos demeures, Béquilles et bâtons, qui se cognent, là-bas, Montant et dévalant les escaliers des heures — Les horloges, avec leurs pas ;

Émaux naïfs derrière un verre, emblèmes Et fleurs d’antan, chiffres et camaïeux, Lunes des corridors vides et blêmes — Les horloges, avec leurs yeux ;

Sons morts, notes de plomb, marteaux et limes, Boutique en bois de mots sournois Et le babil des secondes minimes — Les horloges, avec leurs voix ;

Gaînes de chêne et bornes d’ombre, Cercueils scellés dans le mur froid, Vieux os du temps que grignotte le nombre — Les horloges et leur effroi ;

Les horloges Volontaires et vigilantes, Pareilles aux vieilles servantes Boitant de leurs sabots ou glissant sur leurs bas, Les horloges que j’interroge Serrent ma peur en leur compas.

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La nuit, dans le silence des maisons, les horloges deviennent des présences étranges et inquiétantes. Verhaeren les perçoit comme des créatures presque humaines : des béquilles et des bâtons cognent dans les escaliers, leurs cadrans sont des yeux blêmes au fond des corridors vides, leurs bruits rappellent des notes de plomb et des mots sournois. On entend les coups sourds, les secondes qui babillent, et cette mécanique familière prend une allure de menace. Les images d’enfermement se multiplient — boîtes de bois, cercueils scellés dans le mur, vieux os rongés par les chiffres — pour dire le poids du temps qui passe.

À la fin, ces horloges sont comparées à de vieilles servantes boiteuses, volontaires et vigilantes. Le locuteur les interroge, mais elles ne répondent qu’en resserrant leur compas autour de sa peur. L’atmosphère nocturne devient étouffante, hantée par l’angoisse du temps qui mesure et emprisonne.

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