Un tout petit roseau suffit à celui qui parle pour faire frémir l’herbe haute, les saules et le ruisseau, puis pour donner une voix à la forêt entière. Ce n’est pas un geste spectaculaire : c’est un souffle discret qui se mêle au silence et au vent. Le roseau a été cueilli près d’une fontaine où l’Amour est venu se mirer, le visage grave et pleurant ; c’est pourquoi son chant éveille une tristesse douce chez ceux qui passent et qui l’entendent au fond d’eux-mêmes.
L’atmosphère est mélancolique, légère, presque suspendue. On sent chez celui qui parle une joie humble : avec un simple roseau, il a su prolonger un écho que les passants gardent en eux, proche ou lointain. La nature paraît frémir et chanter avec lui, dans une harmonie délicate et émouvante.