Odelette I — Résumé

Un petit roseau m’a suffi Pour faire frémir l’herbe haute Et tout le pré Et les doux saules Et le ruisseau qui chante aussi ; Un petit roseau m’a suffi À faire chanter la forêt.

Ceux qui passent l’ont entendu Au fond du soir, en leurs pensées, Dans le silence et dans le vent, Clair ou perdu, Proche ou lointain… Ceux qui passent en leurs pensées En écoutant, au fond d’eux-mêmes, L’entendront encore et l’entendent Toujours qui chante.

Il m’a suffi De ce petit roseau cueilli, À la fontaine où vint l’Amour Mirer, un jour, Sa face grave Et qui pleurait, Pour faire pleurer ceux qui passent Et trembler l’herbe et frémir l’eau ; Et j’ai, du souffle d’un roseau, Fait chanter toute la forêt.

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Un tout petit roseau suffit à celui qui parle pour faire frémir l’herbe haute, les saules et le ruisseau, puis pour donner une voix à la forêt entière. Ce n’est pas un geste spectaculaire : c’est un souffle discret qui se mêle au silence et au vent. Le roseau a été cueilli près d’une fontaine où l’Amour est venu se mirer, le visage grave et pleurant ; c’est pourquoi son chant éveille une tristesse douce chez ceux qui passent et qui l’entendent au fond d’eux-mêmes.

L’atmosphère est mélancolique, légère, presque suspendue. On sent chez celui qui parle une joie humble : avec un simple roseau, il a su prolonger un écho que les passants gardent en eux, proche ou lointain. La nature paraît frémir et chanter avec lui, dans une harmonie délicate et émouvante.

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