Elle était déchaussée, elle était décoiffée — Résumé

Victor HugoRomantique

Elle était déchaussée, elle était décoiffée, Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ; Moi qui passais par là, je crus voir une fée, Et je lui dis : Veux-tu t’en venir dans les champs ?

Elle me regarda de ce regard suprême Qui reste à la beauté quand nous en triomphons, Et je lui dis : Veux-tu, c’est le mois où l’on aime, Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?

Elle essuya ses pieds à l’herbe de la rive ; Elle me regarda pour la seconde fois, Et la belle folâtre alors devint pensive. Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !

Comme l’eau caressait doucement le rivage ! Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts, La belle fille heureuse, effarée et sauvage, Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.

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Un passant aperçoit une jeune fille assise pieds nus au bord de l’eau, cheveux défaits, parmi les joncs penchants. Il croit voir une fée et l’invite, avec une familiarité tendre, à le suivre dans les champs puis sous les arbres profonds. Elle lui répond d’abord par un regard fier, presque triomphant, puis devient pensive. La nature semble accompagner ce moment de grâce : les oiseaux chantent, l’eau frôle doucement la rive. Finalement, la jeune fille s’avance vers lui à travers les grands roseaux verts, sauvage, effarée et rieuse, les cheveux devant les yeux.

Ce qui domine, c’est une impression de fraîcheur et de liberté. Le promeneur est ému, émerveillé par cette apparition simple et vivante, et par le désir léger qu’elle fait naître. La scène garde la légèreté d’un instant volé, sans drame ni tristesse, entre joie sensuelle et souvenir de printemps.

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