Assis sous un portail à la tombée du jour, le poète regarde un vieil homme semer dans les terres déjà baignées de nuit. Il est ému par ses haillons et par la confiance du geste : jeter à pleines poignées la future moisson dans les sillons. La silhouette noire du semeur domine les labours profonds. Sa marche obstinée dans la plaine immense donne au travail une allure solennelle, presque sacrée. Le geste répété — la main qui s’ouvre et se referme — installe un rythme lent et méditatif. Le soir mêle l’ombre à une rumeur vague, comme si le ciel élargissait ce mouvement jusqu’aux étoiles. L’ambiance est paisible et grave : on sent l’admiration du témoin pour ce labeur patient et pour la foi dans les jours qui passent. Le vieil homme devient, sous ce regard, une figure de patience et d’espoir.
Saison des semailles. Le soir — Résumé
C’est le moment crépusculaire. J’admire, assis sous un portail, Ce reste de jour dont s’éclaire La dernière heure du travail.
Dans les terres, de nuit baignées, Je contemple, ému, les haillons D’un vieillard qui jette à poignées La moisson future aux sillons.
Sa haute silhouette noire Domine les profonds labours. On sent à quel point il doit croire À la fuite utile des jours.
Il marche dans la plaine immense, Va, vient, lance la graine au loin, Rouvre sa main, et recommence, Et je médite, obscur témoin,
Pendant que, déployant ses voiles, L’ombre, où se mêle une rumeur, Semble élargir jusqu’aux étoiles Le geste auguste du semeur.