Poems on the topic: enfance

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SadThéodore de Banville

Nous n’irons plus au bois

Nous n’irons plus au bois, les lauriers sont coupés. Les Amours des bassins, les Naïades en groupe Voient reluire au soleil en cristaux découpés Les flots silencieux qui coulaient de leur coupe. Les lauriers sont coupés, et le cerf aux abois Tressaille au son du cor ; nous n’irons plus au bois, Où des enfants charmants riait la folle troupe Sous les regards des lys aux pleurs du ciel trempés, Voici l’herbe qu’on fauche et les lauriers qu’on coupe. Nous n’irons plus au bois, les lauriers sont coupés.
DreamySully Prudhomme

Les Berceaux

Après le départ des oiseaux, Les nids abandonnés pourrissent. Que sont devenus nos berceaux ? De leur bois les vers se nourrissent. Le mien traîne au fond des greniers, L’oubli morne et lent le dévore ; Je l’embrasserais volontiers, Car mon enfance y rit encore. C’est là que j’avais nuit et jour, Pour ciel de lit, des yeux de mère Où mon âme épelait l’amour Et ma prunelle la lumière. Sur le cœur d’amis sûrs et bons, Femmes sans tache, sur le vôtre, C’est un berceau que nous rêvons Sous une forme ou sous une autre.
DreamyGuillaume Apollinaire

Saltimbanques

Dans la plaine les baladins S’éloignent au long des jardins Devant l’huis des auberges grises Par les villages sans églises Et les enfants s’en vont devant Les autres suivent en rêvant Chaque arbre fruitier se résigne Quand de très loin ils lui font signe Ils ont des poids ronds ou carrés Des tambours des cerceaux dorés L’ours et le singe animaux sages Quêtent des sous sur leur passage
SadÉmile Nelligan

Le Jardin d'antan

Rien n’est plus doux aussi que de s’en revenir Comme après de longs ans d’absence, Que de s’en revenir Par le chemin du souvenir Fleuri de lys d’innocence, Au jardin de l’Enfance. Au jardin clos, scellé, dans le jardin muet D’où s’enfuirent les gaietés franches, Notre jardin muet Et la danse du menuet Qu’autrefois menaient sous branches Nos sœurs en robes blanches. Aux soirs d’Avrils anciens, jetant des cris joyeux Entremêlés de ritournelles, Avec des lieds joyeux Elles passaient, la gloire aux yeux,
DreamyCharles Baudelaire

Mœsta et errabunda

Dis-moi, ton cœur parfois s’envole-t-il, Agathe, Loin du noir océan de l’immonde cité, Vers un autre océan où la splendeur éclate, Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité ? Dis-moi, ton cœur parfois s’envole-t-il, Agathe ? La mer, la vaste mer, console nos labeurs ! Quel démon a doté la mer, rauque chanteuse Qu’accompagne l’immense orgue des vents grondeurs, De cette fonction sublime de berceuse ? La mer, la vaste mer, console nos labeurs ! Emporte-moi, wagon ! enlève-moi, frégate ! Loin ! loin ! ici la boue est faite de nos pleurs ! — Est-il vrai que parfois le triste cœur d’Agathe Dise : Loin des remords, des crimes, des douleurs, Emporte-moi, wagon, enlève-moi, frégate ?

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