Chanson de Fortunio — Résumé

Si vous croyez que je vais dire Qui j’ose aimer, Je ne saurais, pour un empire, Vous la nommer.

Nous allons chanter à la ronde, Si vous voulez, Que je l’adore et qu’elle est blonde Comme les blés.

Je fais ce que sa fantaisie Veut m’ordonner, Et je puis, s’il lui faut ma vie, La lui donner.

Du mal qu’une amour ignorée Nous fait souffrir, J’en porte l’âme déchirée Jusqu’à mourir.

Mais j’aime trop pour que je die Qui j’ose aimer, Et je veux mourir pour ma mie Sans la nommer.

Afficher tout le poèmeReplier le poème

Application Learn Poems

Essaie l’application Learn Poems

Tout l’entraîneur du site, et plus encore : nouveaux exercices, enregistrement vocal et partage, rappels, rappel rapide.

Le chanteur refuse de révéler, même pour un empire, le nom de celle qu’il aime. Il laisse pourtant deviner sa dévotion : il l’adore, elle est blonde comme les blés, et il se soumet à ses moindres caprices, prêt à lui donner sa vie. Cet amour tenu secret le fait souffrir au point de lui déchirer l’âme, presque jusqu’à la mort. Mais ce silence devient lui-même une preuve d’amour : il préfère mourir pour sa mie sans la nommer. L’atmosphère est à la fois galante et mélancolique. Le ton de chanson, l’image éclatante de la blondeur et l’idée de ronde apportent une légèreté souriante, tandis que la douleur intime et le sacrifice évoquent une fidélité grave. On entend un serment où la discrétion donne à l’amour une noblesse triste et tendre.

À lire aussi

Plus de Alfred de Musset

Tous les poèmes
RomantiqueAlfred de Musset

L'Andalouse

Avez-vous vu, dans Barcelone, Une Andalouse au sein bruni ? Pâle comme un beau soir d’automne ? C’est ma maîtresse, ma lionne !
RomantiqueAlfred de Musset

Se voir le plus possible et s’aimer seulement

Se voir le plus possible et s’aimer seulement, Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge, Sans qu’un désir nous trompe, ou qu’un remords nous ronge, Vivre à deux et donner son cœur à tout moment ;
TristeAlfred de Musset

Tristesse

J’ai perdu ma force et ma vie, Et mes amis, et ma gaieté ; J’ai perdu jusqu’à la fierté Qui faisait croire à mon génie.