Le chanteur refuse de révéler, même pour un empire, le nom de celle qu’il aime. Il laisse pourtant deviner sa dévotion : il l’adore, elle est blonde comme les blés, et il se soumet à ses moindres caprices, prêt à lui donner sa vie. Cet amour tenu secret le fait souffrir au point de lui déchirer l’âme, presque jusqu’à la mort. Mais ce silence devient lui-même une preuve d’amour : il préfère mourir pour sa mie sans la nommer. L’atmosphère est à la fois galante et mélancolique. Le ton de chanson, l’image éclatante de la blondeur et l’idée de ronde apportent une légèreté souriante, tandis que la douleur intime et le sacrifice évoquent une fidélité grave. On entend un serment où la discrétion donne à l’amour une noblesse triste et tendre.
Chanson de Fortunio — Résumé
Si vous croyez que je vais dire Qui j’ose aimer, Je ne saurais, pour un empire, Vous la nommer.
Nous allons chanter à la ronde, Si vous voulez, Que je l’adore et qu’elle est blonde Comme les blés.
Je fais ce que sa fantaisie Veut m’ordonner, Et je puis, s’il lui faut ma vie, La lui donner.
Du mal qu’une amour ignorée Nous fait souffrir, J’en porte l’âme déchirée Jusqu’à mourir.
Mais j’aime trop pour que je die Qui j’ose aimer, Et je veux mourir pour ma mie Sans la nommer.