À une passante — Résumé

La rue assourdissante autour de moi hurlait. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d’une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit ! — Fugitive beauté Dont le regard m’a fait soudainement renaître, Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être ! Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais, Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !

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Dans une rue assourdissante, le narrateur voit passer une femme mince, en grand deuil, à la fois majestueuse et agile. Sa silhouette le fige : il boit dans son regard une douceur fascinante et un plaisir dangereux, comme un ciel d’orage. Puis, en un éclair, la foule les sépare et la nuit retombe. La femme disparaît, et il ne sait plus s’il la reverra ailleurs, plus tard, ou jamais. Il reste avec le regret d’un amour possible mais aussitôt perdu — « Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais ! »

L’atmosphère est à la fois électrique et mélancolique : la ville, le hasard, le désir et la perte s’y mêlent. Une rencontre furtive devient un choc intime, presque une renaissance, mais elle débouche sur l’absence et la solitude.

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