Dans une rue assourdissante, le narrateur voit passer une femme mince, en grand deuil, à la fois majestueuse et agile. Sa silhouette le fige : il boit dans son regard une douceur fascinante et un plaisir dangereux, comme un ciel d’orage. Puis, en un éclair, la foule les sépare et la nuit retombe. La femme disparaît, et il ne sait plus s’il la reverra ailleurs, plus tard, ou jamais. Il reste avec le regret d’un amour possible mais aussitôt perdu — « Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais ! »
L’atmosphère est à la fois électrique et mélancolique : la ville, le hasard, le désir et la perte s’y mêlent. Une rencontre furtive devient un choc intime, presque une renaissance, mais elle débouche sur l’absence et la solitude.