Un homme s’adresse à une femme qu’il trouve belle comme un ciel d’automne clair et rose. Mais cette image lumineuse contraste avec sa tristesse intérieure, qui monte en lui comme la mer et laisse un goût amer. Quand elle pose la main sur sa poitrine, il l’avertit qu’elle ne trouvera pas un cœur vivant : ce lieu a été saccagé par la griffe et la dent féroce de la femme, et les bêtes l’ont mangé. Son cœur lui apparaît comme un palais flétri, livré à la foule, à l’ivresse et à la violence. La sensualité de la femme, surtout le parfum autour de sa gorge nue, le trouble malgré tout. Il s’adresse alors à la Beauté comme à un fléau cruel et lui demande, par ses yeux de feu, de brûler les lambeaux que les bêtes ont épargnés. Le ton mêle amertume, désir et désespoir.
Causerie — Résumé
Vous êtes un beau ciel d’automne, clair et rose ! Mais la tristesse en moi monte comme la mer, Et laisse, en refluant, sur ma lèvre morose Le souvenir cuisant de son limon amer.
— Ta main se glisse en vain sur mon sein qui se pâme ; Ce qu’elle cherche, amie, est un lieu saccagé Par la griffe et la dent féroce de la femme. Ne cherchez plus mon cœur ; les bêtes l’ont mangé.
Mon cœur est un palais flétri par la cohue ; On s’y soûle, on s’y tue, on s’y prend aux cheveux ! — Un parfum nage autour de votre gorge nue !…
Ô Beauté, dur fléau des âmes, tu le veux ! Avec tes yeux de feu, brillants comme des fêtes, Calcine ces lambeaux qu’ont épargnés les bêtes !