Dans « Correspondances », Baudelaire fait de la nature un temple vivant. Les piliers laissent échapper des paroles confuses, et l’homme traverse des forêts de symboles qui l’observent avec des regards familiers. Le locuteur éprouve un sentiment à la fois étrange et intime : le monde ne lui est pas indifférent, il semble s’adresser à lui. Le lecteur n’est pas seulement devant un paysage ; il est invité à écouter un langage secret. Les sensations se mêlent et se répondent dans une profonde unité, vaste comme la nuit et la clarté. Les parfums deviennent couleurs ou musiques : certains sont frais comme des chairs d’enfants, doux comme les hautbois, verts comme les prairies ; d’autres, comme l’ambre, le musc ou l’encens, ont une ampleur infinie et chantent les transports de l’esprit et des sens. L’atmosphère est solennelle, mystérieuse et sensuelle : derrière le visible, une harmonie cachée attend d’être perçue.
Correspondances — Résumé
La Nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles ; L’homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent Dans une ténébreuse et profonde unité, Vaste comme la nuit et comme la clarté, Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants, Doux comme les hautbois, verts comme les prairies, — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l’expansion des choses infinies, Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens, Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.