Sur un navire, des marins capturent de grands albatros, ces oiseaux majestueux qui suivent paresseusement le bateau. Une fois posés sur le pont, ces « rois de l’azur » perdent toute leur grâce : leurs ailes immenses traînent comme des rames, ils deviennent gauches, honteux, ridicules. L’équipage s’amuse à les tourmenter, l’un brûle son bec, l’autre imite en boitant l’infirme qui volait.
Puis la comparaison s’élargit : le poète ressemble à cet albatros. Il vit dans les hauteurs, brave la tempête et se rit des flèches, mais dès qu’il touche terre, il est maladroit et moqué. Ses dons, comparés à des ailes de géant, l’isolent et l’empêchent de marcher parmi les hommes. Le ton est à la fois amer et compatissant : on ressent la douleur d’être incompris, exilé dans un monde qui raille ce qu’il ne comprend pas.