L'Albatros — Résumé

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches, Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux, Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule ! Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid ! L’un agace son bec avec un brûle-gueule, L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le poëte est semblable au prince des nuées Qui hante la tempête et se rit de l’archer ; Exilé sur le sol au milieu des huées, Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

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Sur un navire, des marins capturent de grands albatros, ces oiseaux majestueux qui suivent paresseusement le bateau. Une fois posés sur le pont, ces « rois de l’azur » perdent toute leur grâce : leurs ailes immenses traînent comme des rames, ils deviennent gauches, honteux, ridicules. L’équipage s’amuse à les tourmenter, l’un brûle son bec, l’autre imite en boitant l’infirme qui volait.

Puis la comparaison s’élargit : le poète ressemble à cet albatros. Il vit dans les hauteurs, brave la tempête et se rit des flèches, mais dès qu’il touche terre, il est maladroit et moqué. Ses dons, comparés à des ailes de géant, l’isolent et l’empêchent de marcher parmi les hommes. Le ton est à la fois amer et compatissant : on ressent la douleur d’être incompris, exilé dans un monde qui raille ce qu’il ne comprend pas.

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