Dans ce sonnet, la Beauté elle-même prend la parole. Elle se présente comme une divinité impassible et lointaine, faite de pierre, insensible aux souffrances qu’elle provoque. Elle règne dans l’azur, muette et immobile, unissant la pureté du cygne à la dureté de la neige. Rien ne l’émeut : elle refuse le mouvement, le rire et les larmes.
Pourtant, elle exerce une attraction irrésistible sur les poètes, qu’elle appelle ses « dociles amants ». Ceux-ci passent leur vie à l’étudier, à tenter de percer son mystère, sans jamais la posséder. Sa froideur n’est pas cruelle, mais simplement éternelle. Ses yeux, comparés à de purs miroirs, embellissent tout ce qu’ils reflètent. Le poème crée ainsi une atmosphère de majesté glacée, d’admiration mêlée de distance, où la Beauté demeure un idéal silencieux et inaccessible.