La Cloche fêlée — Résumé

Il est amer et doux, pendant les nuits d’hiver, D’écouter, près du feu qui palpite et qui fume, Les souvenirs lointains lentement s’élever Au bruit des carillons qui chantent dans la brume.

Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante, Jette fidèlement son cri religieux, Ainsi qu’un vieux soldat qui veille sous la tente !

Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu’en ses ennuis Elle veut de ses chants peupler l’air froid des nuits, Il arrive souvent que sa voix affaiblie

Semble le râle épais d’un blessé qu’on oublie Au bord d’un lac de sang, sous un grand tas de morts, Et qui meurt, sans bouger, dans d’immenses efforts.

Show the whole poemHide the poem

Application Learn Poems

Essaie l’application Learn Poems

Tout l’entraîneur du site, et plus encore : nouveaux exercices, enregistrement vocal et partage, rappels, rappel rapide.

Pendant les nuits d’hiver, au coin du feu, écouter les cloches dans la brume fait remonter des souvenirs lointains, à la fois amers et doux. Le poète envie la cloche vigoureuse qui, malgré son âge, jette encore fidèlement son cri religieux, pareille à un vieux soldat qui veille sous la tente. Mais son âme à lui est fêlée : lorsqu’elle cherche à chanter dans l’air froid des nuits, sa voix affaiblie ressemble au râle d’un blessé oublié au bord d’un lac de sang, sous un tas de morts, expirant sans bouger dans un immense effort. L’atmosphère est nocturne et hivernale, et la clarté des cloches rend plus douloureuse la solitude d’une voix brisée.

Read also

More by Charles Baudelaire

All poems
ContemplativeCharles Baudelaire

Recueillement

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille. Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici : Une atmosphère obscure enveloppe la ville, Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
ContemplativeCharles Baudelaire

Les Chats

Les amoureux fervents et les savants austères Aiment également, dans leur mûre saison, Les chats puissants et doux, orgueil de la maison, Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.
AngryCharles Baudelaire

Causerie

Vous êtes un beau ciel d’automne, clair et rose ! Mais la tristesse en moi monte comme la mer, Et laisse, en refluant, sur ma lèvre morose Le souvenir cuisant de son limon amer.