Un grand navire d’or, majestueux, avance sur des mers inconnues avec à sa proue une figure de l’amour. Il donne d’abord une impression de puissance et d’éclat, presque irréelle. Mais une nuit, sur un Océan trompeur où chantait une Sirène, il heurte un écueil et s’enfonce dans un gouffre sans fond, comme un cercueil immuable. L’image se fait alors plus intérieure : les flancs diaphanes du vaisseau révélaient des trésors, que des marins nommés Dégoût, Haine et Névrose se sont disputés. Ces forces hostiles paraissent détruire une richesse intime.
Le ton devient personnel et douloureux. Le locuteur demande ce qui reste après la tempête, puis répond : son cœur, navire déserté, a sombré dans l’abîme du Rêve. On ressent une profonde mélancolie, la conscience d’une splendeur perdue et d’un naufrage intérieur. Ce contraste entre l’or initial et le gouffre final donne au texte une gravité triste, presque funèbre. La question finale reste ouverte, mais la réponse est désespérée.