À l’approche de la neige, le locuteur se remémore ses tristesses de l’année précédente, passées au coin du feu. Il se revoit aussi dans sa chambre, réfléchissant sans résultat pendant que la neige tombait, fumant la même pipe en bois à bout d’ambre. Une douceur immobile se dégage de la vieille commode en chêne, mais il se reproche d’avoir voulu lutter contre ce qui ne change pas. Le poème glisse alors vers une méditation plus large : les larmes et les baisers se comprennent sans paroles, les pas d’un ami sont plus consolants que les discours, et les étoiles n’avaient nul besoin de noms. Les nombres ne forceront jamais les comètes à passer. À la fin, les tristesses anciennes se sont presque effacées ; si on l’interrogeait, il répondrait encore que ce n’est rien. Le ton reste calme, résigné, un peu désabusé, baigné d’une mélancolie intime.
Il va neiger — Résumé
Il va neiger dans quelques jours. Je me souviens de l’an dernier. Je me souviens de mes tristesses au coin du feu. Si l’on m’avait demandé : qu’est-ce ? J’aurais dit : laissez-moi tranquille. Ce n’est rien.
J’ai bien réfléchi, l’année avant, dans ma chambre, pendant que la neige lourde tombait dehors. J’ai réfléchi pour rien. À présent comme alors je fume une pipe en bois avec une bout d’ambre.
Ma vieille commode en chêne sent toujours bon. Mais moi j’étais bête parce que ces choses ne pouvaient pas changer et que c’est une pose de vouloir chasser les choses que nous savons.
Pourquoi donc pensons-nous et parlons-nous ? C’est drôle ; nos larmes et nos baisers, eux, ne parlent pas et cependant nous les comprenons, et les pas d’un ami sont plus doux que de douces paroles.
On a baptisé les étoiles sans penser qu’elles n’avaient pas besoin de nom et les nombres qui prouvent que les belles comètes dans l’ombre passeront, ne les forceront pas à passer.
Et maintenant même, où sont mes vieilles tristesses de l’an dernier ? — À peine si je m’en souviens. Je dirais : laissez-moi tranquille, ce n’est rien, si dans ma chambre on venait me demander : qu’est-ce ?