Dans ces vers, Nerval montre un mois d’avril paradoxal : il fait beau, le ciel est bleu, la lumière forte, les murs semblent brûlants et les soirées s’allongent, mais la nature reste dépouillée. Aucune verdure n’apparaît ; les grands arbres gardent leurs rameaux noirs, à peine décorés d’un reflet rougeâtre. Ce paysage éclatant mais sec ne plaît pas à celui qui parle. Il se sent accablé, presque déçu : cette chaleur précoce l’ennuie. Pour lui, le printemps véritable ne peut éclore qu’après des jours de pluie. Il l’imagine alors verdissant et rose, comme une nymphe fraîche et souriante qui sort de l’eau. On ressent ce décalage : l’été semble arriver avant le printemps, comme si la saison avait perdu son ordre naturel. L’image finale corrige cette impression en promettant un épanouissement délicat.
Avril — Résumé
Déjà les beaux jours, la poussière, Un ciel d’azur et de lumière, Les murs enflammés, les longs soirs ; Et rien de vert : à peine encore Un reflet rougeâtre décore Les grands arbres aux rameaux noirs !
Ce beau temps me pèse et m’ennuie, Ce n’est qu’après des jours de pluie Que doit surgir, en un tableau, Le printemps verdissant et rose ; Comme une nymphe fraîche éclose, Qui, souriante, sort de l’eau.