Les Colchiques — Résumé

Le pré est vénéneux mais joli en automne Les vaches y paissant Lentement s’empoisonnent Le colchique couleur de cerne et de lilas Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là Violâtres comme leur cerne et comme cet automne Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne

Les enfants de l’école viennent avec fracas Vêtus de hoquetons et jouant de l’harmonica Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières

Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l’automne

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Dès le premier vers, la nature est double : le pré est joli, mais vénéneux. Les vaches y paissent et s’intoxiquent lentement, tout comme le je se laisse envahir par les yeux de l’aimée. Le colchique, fleur violacée et cernée, devient le reflet de ces yeux et de l’automne. Les paupières aimées battent comme les fleurs dans le vent fou, mêlant le corps au paysage. L’amour est donc vécu comme une lente intoxication, subie et presque acceptée.

L’arrivée bruyante des écoliers qui cueillent les colchiques forme un contraste avec cette langueur : eux jouent et ramassent ces fleurs, tandis que les vaches abandonnent pour toujours le pré mal fleuri. Le chant doux du gardien et les meuglements lents renforcent une atmosphère de mélancolie, de beauté fanée et de poison. On ressent un désir mêlé à la perte, dans un automne à la fois séduisant et inquiétant.

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