Ne dites pas : la vie est un joyeux festin — Résumé

Jean MoréasContemplative

Ne dites pas : la vie est un joyeux festin ; Ou c’est d’un esprit sot ou c’est d’une âme basse. Surtout ne dites point : elle est malheur sans fin ; C’est d’un mauvais courage et qui trop tôt se lasse.

Riez comme au printemps s’agitent les rameaux, Pleurez comme la bise ou le flot sur la grève, Goûtez tous les plaisirs et souffrez tous les maux ; Et dites : c’est beaucoup et c’est l’ombre d’un rêve.

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Moréas donne ici un conseil simple et grave : il ne faut ni idéaliser la vie ni la noircir. Dire qu’elle est un joyeux festin lui semble sot ou vulgaire ; dire qu’elle n’est qu’un malheur sans fin lui paraît un manque de courage, une fatigue qui vient trop vite. Il propose plutôt d’accueillir les deux mouvements de l’existence : rire comme les branches bougent au printemps, pleurer comme le vent ou la mer sur le rivage. Il faut goûter les plaisirs et traverser les peines sans en refuser aucun. Le ton n’est ni amer ni exalté, mais lucide et un peu mélancolique. La dernière phrase résume ce regard : la vie compte, elle pèse, mais elle reste « l’ombre d’un rêve », fragile et passagère. L’ensemble laisse une impression de calme, entre acceptation et distance.

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