L'Oubli — Résumé

Le temple est en ruine au haut du promontoire. Et la Mort a mêlé, dans ce fauve terrain, Les Déesses de marbre et les Héros d’airain Dont l’herbe solitaire ensevelit la gloire.

Seul, parfois, un bouvier menant ses buffles boire, De sa conque où soupire un antique refrain Emplissant le ciel calme et l’horizon marin, Sur l’azur infini dresse sa forme noire.

La Terre maternelle et douce aux anciens Dieux, Fait à chaque printemps, vainement éloquente, Au chapiteau brisé verdir une autre acanthe ;

Mais l’Homme indifférent au rêve des aïeux Écoute sans frémir, du fond des nuits sereines, La Mer qui se lamente en pleurant les Sirènes.

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Un temple antique domine la mer, déjà ruiné ; la Mort y a mêlé déesses de marbre et héros d’airain, sous une herbe solitaire qui ensevelit leur gloire. Seul un bouvier, menant ses buffles boire, souffle parfois dans sa conque un refrain ancien : sa silhouette noire se dresse sur l’azur immense, entre ciel calme et horizon marin. La nature continue pourtant d’honorer les anciens dieux, puisque chaque printemps fait reverdir une acanthe sur un chapiteau brisé, mais cette éloquence reste vaine. L’homme moderne, indifférent au rêve des ancêtres, écoute sans frémir la mer nocturne qui se lamente en pleurant les Sirènes.

De ce contraste entre la beauté paisible des ruines et l’indifférence humaine naît une mélancolie sereine : le passé mythologique est encore visible, mais plus personne ne l’entend vraiment.

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