Serre chaude — Résumé

Ô serre au milieu des forêts ! Et vos portes à jamais closes ! Et tout ce qu’il y a sous votre coupole ! Et sous mon âme en vos analogies !

Les pensées d’une princesse qui a faim, L’ennui d’un matelot dans le désert, Une musique de cuivre aux fenêtres des incurables.

Allez aux angles les plus tièdes ! On dirait une femme évanouie un jour de moisson ; Il y a des postillons dans la cour de l’hospice ; Au loin, passe un chasseur d’élans, devenu infirmier.

Examinez au clair de lune ! (Oh rien n’y est à sa place !) On dirait une folle devant les juges, Un navire de guerre à pleines voiles sur un canal, Des oiseaux de nuit sur des lys, Un glas vers midi, (Là-bas sous ces cloches !) Une étape de malades dans la prairie, Une odeur d’éther un jour de soleil.

Mon Dieu ! mon Dieu ! quand aurons-nous la pluie, Et la neige et le vent dans la serre !

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Maurice Maeterlinck imagine une serre plantée au milieu des forêts, portes closes, où tout semble décalé. La coupole devient le miroir d’une âme : on y croise une princesse affamée, un matelot perdu dans le désert, une femme évanouie un jour de moisson, un navire de guerre sur un canal, des oiseaux de nuit posés sur des lys, un glas à midi. Rien n’est à sa place, comme dans un rêve fiévreux. L’atmosphère est chaude, immobile, artificielle, presque irrespirable ; les images s’accumulent sans se répondre et créent un sentiment d’enfermement et d’angoisse sourde. Le dernier cri de la voix qui parle — quand viendront la pluie, la neige et le vent dans la serre ? — exprime un besoin violent d’air, de fraîcheur et de désordre naturel. La serre figure un espace mental saturé, coupé du monde, qui attend d’être traversé par les éléments.

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