Des canards se dandinent au bord de l’eau, et le regard posé sur eux est à la fois amusé et attendri. Comparés à de bons campagnards, ils barbotent, frétillent et troublent l’eau claire avec un air un peu jobard. Pourtant, derrière cette apparente naïveté, ils sont tout à leur affaire. Le refrain qui revient — « Ils vont, les petits canards » — donne l’impression d’une petite troupe dont on suit la marche régulière.
L’atmosphère reste légère, champêtre et presque enfantine. Dans l’eau pleine de têtards, parmi les herbes qui tremblent, les canards avancent par groupes épars, amoureux et nasillards, chacun flanqué de sa commère. Rien ne pèse ici : on ressent surtout le plaisir simple d’observer ces bêtes familières. La reprise des mêmes vers, propre à la villanelle, crée un balancement de comptine qui souligne la tendresse et la bonne humeur.