On croit la femme aimée morte, endormie sous la pierre d’un tombeau. Mais pour celui qui l’adore, elle s’éveille, ranimée ; il l’appelle « ma colombe », « pensive bien-aimée ». Dans les nuits blanches d’étoiles, il la fait revivre en caresse : ses voiles, sa chevelure mouvante, ses ailes entrouvertes sur les roses. Elle n’est plus une morte figée, mais une présence aérienne, presque angélique, rendue sensible par la brise et les parfums. Le poète respire ses tresses blondes, entend sa voix pure se mêler au mouvement des vagues, comme un cygne qui se lamente. Le ton est doux, recueilli, traversé de mélancolie lumineuse. La mort n’est pas effacée : l’amour la change en songe où l’aimée continue de frôler le monde, et le deuil devient caresse et musique.
L’Énamourée — Résumé
Ils se disent, ma colombe, Que tu rêves, morte encore, Sous la pierre d’une tombe : Mais pour l’âme qui t’adore, Tu t’éveilles ranimée, Ô pensive bien-aimée !
Par les blanches nuits d’étoiles, Dans la brise qui murmure, Je caresse tes longs voiles, Ta mouvante chevelure, Et tes ailes demi-closes Qui voltigent sur les roses !
Ô délices ! je respire Tes divines tresses blondes ! Ta voix pure, cette lyre, Suit la vague sur les ondes, Et, suave, les effleure, Comme un cygne qui se pleure !