Le Mendiant — Résumé

Victor HugoContemplative

Un pauvre homme passait dans le givre et le vent. Je cognai sur ma vitre ; il s’arrêta devant Ma porte, que j’ouvris d’une façon civile. Les ânes revenaient du marché de la ville, Portant les paysans accroupis sur leurs bâts. C’était le vieux qui vit dans une niche au bas De la montée, et rêve, attendant, solitaire, Un rayon du ciel triste, un liard de la terre, Tendant les mains pour l’homme et les joignant pour Dieu. Je lui criai : — Venez vous réchauffer un peu. Comment vous nommez-vous ? — Il me dit : — Je me nomme Le pauvre. — Je lui pris la main : — Entrez, brave homme. — Et je lui fis donner une jatte de lait. Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait. Et je lui répondais, pensif et sans l’entendre. — Vos habits sont mouillés, dis-je, il faut les étendre Devant la cheminée. — Il s’approcha du feu. Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu, Étalé largement sur la chaude fournaise, Piqué de mille trous par la lueur de braise, Couvrait l’âtre, et semblait un ciel noir étoilé. Et, pendant qu’il séchait ce haillon désolé D’où ruisselait la pluie et l’eau des fondrières, Je songeais que cet homme était plein de prières, Et je regardais, sourd à ce que nous disions, Sa bure où je voyais des constellations.

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Un pauvre homme avance dans le givre et le vent. Le narrateur frappe à sa vitre, ouvre sa porte, lui offre du lait et fait sécher son manteau troué devant le feu. Le vieillard grelotte, parle ; son hôte, pensif, l’écoute à peine. C’est alors que le vêtement étendu sur l’âtre, percé de mille trous que la braise illumine, cesse d’être un haillon : il devient un ciel noir étoilé. Cette transformation dit l’essentiel. Le narrateur éprouve d’abord de la pitié, puis il devine chez cet homme « plein de prières » une dignité cachée. La scène est humble, presque intime, mais elle s’ouvre sur une vision contemplative : la misère matérielle n’empêche pas une richesse intérieure, comme un manteau déchiré peut contenir des constellations.

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