Oh ! je fus comme fou dans le premier moment — Résumé

Oh ! je fus comme fou dans le premier moment, Hélas ! et je pleurai trois jours amèrement. Vous tous à qui Dieu prit votre chère espérance, Pères, mères, dont l’âme a souffert ma souffrance, Tout ce que j’éprouvais, l’avez-vous éprouvé ? Je voulais me briser le front sur le pavé ; Puis je me révoltais, et, par moments, terrible, Je fixais mes regards sur cette chose horrible, Et je n’y croyais pas, et je m’écriais : Non ! — Est-ce que Dieu permet de ces malheurs sans nom Qui font que dans le cœur le désespoir se lève ? — Il me semblait que tout n’était qu’un affreux rêve, Qu’elle ne pouvait pas m’avoir ainsi quitté, Que je l’entendais rire en la chambre à côté, Que c’était impossible enfin qu’elle fût morte, Et que j’allais la voir entrer par cette porte !

Oh ! que de fois j’ai dit : Silence ! elle a parlé ! Tenez ! voici le bruit de sa main sur la clé ! Attendez ! elle vient ! Laissez-moi, que j’écoute ! Car elle est quelque part dans la maison sans doute !

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Dès le premier vers, celui qui parle se dit comme fou : il a pleuré trois jours amèrement, il veut se fracasser le front, puis se révolte contre Dieu. Il interpelle d’autres parents endeuillés, mais sa douleur reste fixée sur une absence féminine soudaine. Le sentiment dominant est le refus de croire à la mort. Il répète « Non ! », regarde l’horreur sans l’accepter, se persuade que tout n’est qu’un affreux rêve. Il croit entendre rire la disparue dans la pièce voisine, il guette le bruit de sa main sur la clé, il demande le silence pour écouter. Ce n’est pas une tristesse calme : c’est une douleur brutale, presque hallucinée, qui transforme la maison en lieu d’attente. Le dernier vers laisse entendre que l’illusion, ou l’espoir, persiste : « Car elle est quelque part dans la maison sans doute. » Le ton est intime, fiévreux, déchirant.

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