Dans Barcelone, un amoureux fougueux présente sa maîtresse, une Andalouse au teint brun, la marquesa d’Amaëgui. Il ne la décrit pas de façon neutre : il la réclame comme un trophée. Ses sourcils, sa chevelure « plus longue qu’un manteau de roi », sa jambe, son pied, ses vêtements, tout lui appartient, dit-il. Il rappelle aussi qu’il a composé des chansons pour elle et qu’il s’est battu pour la voir. Le ton est fanfaron, brûlant, jaloux.
La suite fait monter la fièvre : le poème évoque des étreintes violentes, des baisers de rage, des cris inconnus, puis une scène matinale où la femme chante en tirant son bas de soie. L’atmosphère devient nocturne, espagnole et sensuelle. Le locuteur veut des sérénades assez provocantes pour damner les juges de la ville. On sent moins un portrait réaliste qu’une exaltation amoureuse, mêlée de défi, de désir et de provocation.