L'Andalouse — Résumé

Avez-vous vu, dans Barcelone, Une Andalouse au sein bruni ? Pâle comme un beau soir d’automne ? C’est ma maîtresse, ma lionne ! La marquesa d’Amaëgui.

J’ai fait bien des chansons pour elle ; Je me suis battu bien souvent. Bien souvent j’ai fait sentinelle, Pour voir le coin de sa prunelle, Quand son rideau tremblait au vent.

Elle est à moi, moi seul au monde. Ses grands sourcils noirs sont à moi, Son corps souple et sa jambe ronde, Sa chevelure qui l’inonde, Plus longue qu’un manteau de roi !

C’est à moi son beau col qui penche Quand elle dort dans son boudoir, Et sa basquina sur sa hanche, Son bras dans sa mitaine blanche, Son pied dans son brodequin noir !

Vrai Dieu ! lorsque son œil pétille Sous la frange de ses réseaux, Rien que pour toucher sa mantille, De par tous les saints de Castille, On se ferait rompre les os !

Qu’elle est superbe en son désordre, Quand elle tombe, les seins nus, Qu’on la voit, béante, se tordre Dans un baiser de rage, et mordre En criant des mots inconnus !

Et qu’elle est folle dans sa joie, Lorsqu’elle chante le matin, Lorsqu’en tirant son bas de soie, Elle fait, sur son flanc qui ploie, Craquer son corset de satin !

Allons, mon page, en embuscades ! Allons ! la belle nuit d’été ! Je veux ce soir des sérénades À faire damner les alcades De Tolose au Guadalété !

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Dans Barcelone, un amoureux fougueux présente sa maîtresse, une Andalouse au teint brun, la marquesa d’Amaëgui. Il ne la décrit pas de façon neutre : il la réclame comme un trophée. Ses sourcils, sa chevelure « plus longue qu’un manteau de roi », sa jambe, son pied, ses vêtements, tout lui appartient, dit-il. Il rappelle aussi qu’il a composé des chansons pour elle et qu’il s’est battu pour la voir. Le ton est fanfaron, brûlant, jaloux.

La suite fait monter la fièvre : le poème évoque des étreintes violentes, des baisers de rage, des cris inconnus, puis une scène matinale où la femme chante en tirant son bas de soie. L’atmosphère devient nocturne, espagnole et sensuelle. Le locuteur veut des sérénades assez provocantes pour damner les juges de la ville. On sent moins un portrait réaliste qu’une exaltation amoureuse, mêlée de défi, de désir et de provocation.

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