Automne — Résumé

Automne au ciel brumeux, aux horizons navrants, Aux rapides couchants, aux aurores pâlies, Je regarde couler, avec l’eau des torrents, Tes jours faits de mélancolies.

Sur l’aile du regret mes esprits emportés, — Comme s’il se pouvait que notre âge renaisse ! — Parcourent, en rêvant, les coteaux enchantés Où jadis sourit ma jeunesse.

Je sens, au clair soleil du souvenir vainqueur, Refleurir en bouquet les roses déliées Et monter à mes yeux des larmes, qu’en mon cœur, Mes vingt ans avaient oubliées !

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L’automne évoqué ici est bien plus qu’une saison : c’est un état d’âme. Le ciel brumeux, les couchants rapides et les aurores pâlies rendent les jours mélancoliques, comme si le temps lui-même s’écoulait avec l’eau des torrents. Face à ce paysage assombri, le souvenir s’éveille et emporte la voix qui parle.

Porté par le regret, le « je » revoit en rêve les coteaux où sa jeunesse a souri. La mémoire devient alors un soleil éclatant qui fait refleurir les roses fanées et monter des larmes oubliées depuis ses vingt ans. L’émotion naît de ce contraste entre la grisaille de l’automne et la lumière du passé : une tristesse tendre, élégiaque, faite de nostalgie plus que de désespoir. Le regret n’a rien d’amer ici : il transfigure le présent par la lumière du souvenir. Tout le poème baigne dans cette douceur rêveuse où le passé semble un refuge.

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