L’automne évoqué ici est bien plus qu’une saison : c’est un état d’âme. Le ciel brumeux, les couchants rapides et les aurores pâlies rendent les jours mélancoliques, comme si le temps lui-même s’écoulait avec l’eau des torrents. Face à ce paysage assombri, le souvenir s’éveille et emporte la voix qui parle.
Porté par le regret, le « je » revoit en rêve les coteaux où sa jeunesse a souri. La mémoire devient alors un soleil éclatant qui fait refleurir les roses fanées et monter des larmes oubliées depuis ses vingt ans. L’émotion naît de ce contraste entre la grisaille de l’automne et la lumière du passé : une tristesse tendre, élégiaque, faite de nostalgie plus que de désespoir. Le regret n’a rien d’amer ici : il transfigure le présent par la lumière du souvenir. Tout le poème baigne dans cette douceur rêveuse où le passé semble un refuge.