Les Chercheuses de poux — Résumé

Quand le front de l’enfant, plein de rouges tourmentes, Implore l’essaim blanc des rêves indistincts, Il vient près de son lit deux grandes sœurs charmantes Avec de frêles doigts aux ongles argentins.

Elles assoient l’enfant devant une croisée Grande ouverte où l’air bleu baigne un fouillis de fleurs, Et dans ses lourds cheveux où tombe la rosée Promènent leurs doigts fins, terribles et charmeurs.

Il écoute chanter leurs haleines craintives Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés, Et qu’interrompt parfois un sifflement, salives Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.

Il entend leurs cils noirs battant sous les silences Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux Font crépiter parmi ses grises indolences Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux.

Voilà que monte en lui le vin de la Paresse, Soupir d’harmonica qui pourrait délirer ; L’enfant se sent, selon la lenteur des caresses. Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.

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Deux jeunes femmes se penchent sur un enfant au front fiévreux. Elles l’installent devant une fenêtre ouverte, dans l’air bleu et les fleurs, puis promènent leurs doigts fins dans ses cheveux. Chaque sensation devient étrangement précise : leurs haleines sentent le miel, leurs cils battent dans le silence, les ongles crépitent en tuant les poux. La lumière, la rosée et les parfums entretiennent une atmosphère ralentie, presque irréelle. Ce soin se change en une caresse lente, hypnotique, où se mêlent la douceur, un léger dégoût et une sensualité diffuse. L’enfant, apaisé mais troublé, sent monter en lui une paresse lourde et l’envie de pleurer sans cause claire. Rimbaud transforme ainsi une scène intime et banale en un songe des sens, à la fois tendre et un peu inquiétant.

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