Le locuteur se projette dans un futur proche, par les soirs bleus d’été. Il imagine marcher sur des sentiers, picoté par les blés, l’herbe menue sous ses pieds. Ce contact direct avec la nature est déjà un plaisir : la fraîcheur de l’herbe, le vent sur sa tête nue. Il se tait, cesse de penser, et laisse monter en lui un amour infini. Le texte ne raconte pas un événement, il évoque un élan.
Cette errance heureuse le pousse à aller loin, « comme un bohémien », sans but, guidé par la seule nature. La comparaison finale, « heureux comme avec une femme », donne à ce paysage une dimension sensuelle et amoureuse. Tout baigne dans une atmosphère de liberté, de légèreté et d’ivresse douce. La nature n’est pas un décor : elle est une présence qui enveloppe le corps et l’âme.