Dès les premiers vers, Catherine Pozzi s’adresse à un « très haut amour » comme on lancerait une prière. La voix dit la crainte de mourir sans avoir compris d’où venait cet amour, dans quel temps, quel lieu, quelle heure il l’aimait. Ce n’est pas un amour humain ordinaire : il dépasse la mémoire, c’est un feu sans foyer qui a pourtant illuminé toute une vie.
Le ton devient plus vertigineux quand la locutrice imagine sa propre dissolution — corps brisé, instants dispersés, cendre et néant. Pourtant, elle garde confiance : cet amour la reconstruira ailleurs, rassemblant ses fragments en un seul trésor, une unité vivante sans nom ni visage. Il en résulte une atmosphère à la fois grave, mystique et doucement lumineuse, entre abandon et espérance.