Une voix s’adresse à la nuit, appelée Nyx, comme à une présence à la fois désirée et redoutable. Les apostrophes en « ô » donnent à l’ensemble un ton d’invocation, presque de prière. Les premières strophes multiplient les images d’ouverture et d’élévation : pays fier, secrets obstinés, nuages foudroyants, vol au-delà des cieux fermés. La nuit devient un passage, une porte enfin ouverte, mais aussi une épreuve où la grâce et le mal se mêlent. L’exaltation monte, presque amoureuse et mystique.
Puis la voix bascule dans l’incertitude. Elle ne sait plus pourquoi elle meurt et se noie avant d’entrer dans l’éternité, ni de qui elle est la proie ou l’amour. L’ensemble laisse une impression de vertige : le désir de se perdre dans la nuit est immense, mais il apporte aussi une forme d’effroi, comme si l’abandon à l’inconnu dépossédait le sujet de lui-même.