Dès les premiers vers, Baudelaire contemple une femme aimée dont la peau miroite comme une étoffe. Il ne la décrit pas de façon réaliste : il la transforme en paysage marin, en navire, en bijou froid, en serpent qui ondule. Le regard du poète glisse du désir à une sorte d’ivresse. La chevelure devient une mer parfumée où son âme rêveuse part vers un ciel lointain ; les yeux, mêlant l’or et le fer, restent impénétrables. La démarche de la femme, comparée à un serpent dansant au bout d’un bâton, fascine et inquiète à la fois.
Ce mélange de langueur, de sensualité et de légère menace crée une atmosphère envoûtante. Le poète se laisse emporter par cette beauté étrange, comme s’il buvait un vin amer et vainqueur. On sent moins un amour tendre qu’une attraction hypnotique, où le corps féminin devient un spectacle magnétique et troublant.