Les yeux fermés, un soir d’automne, le poète respire l’odeur du sein de la femme aimée. Ce parfum déclenche aussitôt une vision : des rivages heureux, une île paresseuse, des arbres singuliers, des fruits savoureux, des corps minces et vigoureux, des regards francs. Loin de la chaleur monotone du soleil, c’est un monde sensuel et accueillant qui se déploie. Guidé par l’odeur, il aperçoit un port rempli de voiles et de mâts fatigués par la mer, puis le parfum des tamariniers se mêle au chant des mariniers dans son âme.
L’impression dominante est celle d’une évasion intérieure : le désir et l’odorat transforment un moment intime en voyage imaginaire. Le poème crée une atmosphère chaude, langoureuse, un peu rêveuse, où les sensations se répondent. Le corps de la femme devient la porte d’un ailleurs exotique et apaisant.