Le refrain martèle une vérité douloureuse : partir, c’est mourir un peu. L’adieu n’est jamais anodin : en quittant un être, un lieu ou une habitude, on abandonne une part de soi. La séparation est vécue comme un deuil, celui d’un vœu qui ne s’accomplira pas, un dernier vers qui vient clore un poème. Pourtant, le ton n’est pas rageur ; il est plutôt résigné, lucide, traversé d’une tristesse douce. L’image finale est belle et inquiétante : à chaque départ, on sème son âme, on la disperse un peu plus, jusqu’à l’adieu suprême. La forme du rondel, avec ses vers qui reviennent comme une ritournelle, renforce cette impression de répétition mélancolique, celle des séparations qui, inlassablement, nous diminuent sans bruit.
Rondel de l'Adieu — Résumé
Partir, c’est mourir un peu, C’est mourir à ce qu’on aime : On laisse un peu de soi-même En toute heure et dans tout lieu.
C’est toujours le deuil d’un vœu, Le dernier vers d’un poème ; Partir, c’est mourir un peu, C’est mourir à ce qu’on aime.
Et l’on part, et c’est un jeu, Et jusqu’à l’adieu suprême C’est son âme que l’on sème, Que l’on sème à chaque adieu : Partir, c’est mourir un peu…