Dans cette salle à manger, le poète prête une mémoire et une présence aux objets familiers. L’armoire a entendu les voix des grand-tantes, du grand-père et du père ; elle reste fidèle à ces souvenirs, et le poète lui parle comme à une confidente. Le coucou muet évoque discrètement la mort, avec sa voix cassée « tout bonnement comme celle des morts ». Le buffet, lui, garde les odeurs de cire, de confiture, de pain et de poires mûres : c’est un serviteur honnête et rassurant. Le ton est tendre et mélancolique, avec une pointe de sourire. Le narrateur ne se sent pas seul au milieu de ces « petites âmes » ; il s’amuse qu’un visiteur le croie seul vivant en lui demandant poliment comment il va. L’ensemble crée une atmosphère intime et doucement nostalgique, où les objets conservent la chaleur des absents.
La Salle à manger — Résumé
Il y a une armoire à peine luisante qui a entendu les voix de mes grand-tantes qui a entendu la voix de mon grand-père, qui a entendu la voix de mon père. À ces souvenirs l’armoire est fidèle. On a tort de croire qu’elle ne sait que se taire, car je cause avec elle.
Il y a aussi un coucou en bois. Je ne sais pourquoi il n’a plus de voix. Je ne peux pas le lui demander. Peut-être bien qu’elle est cassée, la voix qui était dans son ressort, tout bonnement comme celle des morts.
Il y a aussi un vieux buffet qui sent la cire, la confiture, la viande, le pain et les poires mûres. C’est un serviteur fidèle qui sait qu’il ne doit rien nous voler.
Il est venu chez moi bien des hommes et des femmes qui n’ont pas cru à ces petites âmes. Et je souris que l’on me pense seul vivant quand un visiteur me dit en entrant : — comment allez-vous, monsieur Jammes ?