Dans une allée du Luxembourg, le promeneur aperçoit une jeune fille vive et légère, semblable à un oiseau, une fleur à la main et un refrain aux lèvres. Il se prend à rêver : peut-être est-elle la seule âme capable de répondre à la sienne, celle qui, d’un seul regard, éclairerait sa nuit intérieure. Mais aussitôt l’élan retombe. Le locuteur se souvient que sa jeunesse est finie ; il dit adieu à ce rayon, à ce parfum, à cette harmonie. Le bonheur est passé devant lui sans s’arrêter, et il a fui.
Le ton est mélancolique et doux-amer. La scène paraît simple, mais elle dit le regret d’une vie qui s’éloigne, la conscience d’une occasion manquée, l’impossibilité de saisir la joie quand elle passe. La rapidité de la rencontre et l’insouciance de la jeune fille contrastent avec la lourdeur du cœur qui la regarde. On garde l’impression d’un éclat fugitif, d’un instant de grâce aussitôt refermé.