Le locuteur s’adresse à une femme prénommée Marie, dont il revoit la silhouette de petite fille en train de danser. Une question traverse le poème : la reverra-t-il, dansera-t-elle encore quand elle sera grand-mère ? Tout reste incertain, porté par une musique lointaine et des images qui défilent — masques silencieux, flocons de neige, soldats, cheveux crépus, mains comme des feuilles d’automne. Il avoue vouloir l’aimer « à peine », et ce mal lui paraît délicieux. La répétition des questions donne le sentiment d’une attente qui se prolonge. Le ton est mélancolique, tendre, un peu rêveur. La Seine, qui coule sans se tarir, reflète une peine durable et douce, tandis que le cœur du locuteur demeure changeant. On sent une attente amoureuse teintée de nostalgie et d’incertitude.
Marie — Résumé
Vous y dansiez petite fille Y danserez-vous mère-grand C’est la maclotte qui sautille Toutes les cloches sonneront Quand donc reviendrez-vous Marie
Des masques sont silencieux Et la musique est si lointaine Qu’elle semble venir des cieux Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine Et mon mal est délicieux
Les brebis s’en vont dans la neige Flocons de laine et ceux d’argent Des soldats passent et que n’ai-je Un cœur à moi ce cœur changeant Changeant et puis encor que sais-je
Sais-je où s’en iront tes cheveux Crépus comme mer qui moutonne Sais-je où s’en iront tes cheveux Et tes mains feuilles de l’automne Que jonchent aussi nos aveux
Je passais au bord de la Seine Un livre ancien sous le bras Le fleuve est pareil à ma peine Il s’écoule et ne tarit pas Quand donc finira la semaine