Une troupe de baladins s’éloigne dans une plaine, longe des jardins, passe devant des auberges grises et traverse des villages sans églises. Les enfants marchent en tête, les autres suivent en rêvant. Le paysage paraît nu, un peu triste, et même les arbres fruitiers semblent s’incliner ou se résigner quand on leur fait signe de loin. La scène évoque un monde de passage, entre départ et attente.
Les objets qu’ils portent — poids ronds ou carrés, tambours, cerceaux dorés — et la présence de l’ours et du singe, animaux sages qui quêtent des sous, donnent à voir un petit spectacle itinérant et modeste. Le ton reste tendre, sans misérabilisme. On sent une sympathie discrète pour ces gens qui vont de village en village, portés par le rêve et la nécessité. La brièveté des vers et la lenteur des images créent une atmosphère de mélancolie douce, presque irréelle.