Dimanches — Résumé

Le ciel pleut sans but, sans que rien l’émeuve, Il pleut, il pleut, bergère ! sur le fleuve…

Le fleuve a son repos dominical ; Pas un chaland, en amont, en aval.

Les Vêpres carillonnent sur la ville, Les berges sont désertes, sans idylles.

Passe un pensionnat, (ô pauvres chairs !) Plusieurs ont déjà leurs manchons d’hiver.

Une qui n’a ni manchon, ni fourrures Fait, tout en gris, une pauvre figure.

Et la voilà qui s’échappe des rangs, Et court ! ô mon Dieu, qu’est-ce qu’il lui prend ?

Et elle va se jeter dans le fleuve. Pas un batelier, pas un chien Terr’-Neuve.

Le crépuscule vient ; le petit port Allume ses feux. (Ah ! connu, l’décor !).

La pluie continue à mouiller le fleuve, Le ciel pleut sans but, sans que rien l’émeuve.

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Un dimanche, la pluie tombe sans raison sur un fleuve immobile ; aucun bateau ne passe. Les cloches des vêpres sonnent, les berges sont vides. Un pensionnat traverse ce décor. L’une des élèves, vêtue de gris, sans manchon ni fourrure, paraît plus pauvre que les autres. Brusquement, elle quitte les rangs et court se jeter à l’eau. Personne ne peut la secourir : ni batelier, ni chien de sauvetage. Le crépuscule arrive, le petit port allume ses feux, et la voix qui parle note avec lassitude que ce décor est déjà connu. La pluie continue de tomber. Le ciel reste indifférent. On ressent à la fois de la pitié pour cette enfant fragile et une ironie désabusée : le drame se produit dans un paysage banal, sans témoin, et la nature ne réagit pas. L’ambiance est grise, mouillée, presque étouffante, traversée par une tristesse calme.

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