Leconte de Lisle s’adresse à Lydia avec une admiration très sensuelle. Il décrit ses joues roses, son cou plus blanc que le lait et ses cheveux d’or dénoués, créant une image lumineuse et précieuse. Puis il invite à profiter du jour présent et à laisser les baisers chanter sur ses lèvres, au lieu de penser à la tombe. La jeune femme apparaît comme une déesse : un lys caché en elle répand un parfum divin, et les plaisirs semblent sortir d’elle en essaim. Le dernier quatrain résume l’élan du poète : il aime si fort qu’il en meurt, et demande à Lydia de lui rendre la vie pour pouvoir mourir encore. Le poème mêle ainsi la douceur des sens, la joie immédiate et une conscience discrète de la mort. L’ensemble crée un climat à la fois tendre, éclatant et légèrement mélancolique.
Lydia — Résumé
Lydia, sur tes roses joues, Et sur ton col frais, et plus blanc Que le lait, roule étincelant L'or fluide que tu dénoues.
Le jour qui luit est le meilleur : Oublions l'éternelle tombe. Laisse tes baisers de colombe Chanter sur tes lèvres en fleur.
Un lys caché répand sans cesse Une odeur divine en ton sein : Les délices, comme un essaim, Sortent de toi, jeune Déesse !
Je t'aime et meurs, ô mes amours ! Mon âme en baisers m'est ravie. Ô Lydia, rends-moi la vie, Que je puisse mourir toujours !