Une femme s’adresse à l’être aimé dont elle est séparée et le supplie de ne plus lui écrire. Ce n’est pas de l’indifférence, au contraire : l’absence rend l’amour douloureux, comme une flamme sans lumière. Elle dit vouloir s’éteindre, referme ses bras inutiles, compare son cœur à une tombe. Les lettres, la voix, l’écriture même deviennent des présences trop vives : elles ravivent la mémoire, montrent une eau vive à qui ne peut plus boire. La fin évoque ces deux mots, sans doute « je t’aime », qu’elle n’ose plus lire parce qu’ils font briller le sourire de l’absent et brûlent comme un baiser. Le refrain « N’écris pas ! » scande un renoncement tendu, où le désir de calme lutte contre un amour toujours vivant.
Les Séparés — Résumé
N’écris pas ! Je suis triste, et je voudrais m’éteindre ; Les beaux étés, sans toi, c’est l’amour sans flambeau. J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre ; Et, frapper à mon cœur, c’est frapper au tombeau. N’écris pas !
N’écris pas ! n’apprenons qu’à mourir à nous même. Ne demande qu’à Dieu… qu’à toi si je t’aimais. Au fond de ton silence écouter que tu m’aimes, C’est entendre le ciel sans y monter jamais. N’écris pas !
N’écris pas ! Je te crains ; j’ai peur de ma mémoire ; Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent. Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire. Une chère écriture est un portrait vivant. N’écris pas !
N’écris pas ces deux mots que je n’ose plus lire : Il semble que ta voix les répand sur mon cœur, Que je les vois briller à travers ton sourire ; Il semble qu’un baiser les empreint sur mon cœur. N’écris pas !