Le Bois amical — Résumé

Paul ValéryRomantic

Nous avons pensé des choses pures Côte à côte, le long des chemins, Nous nous sommes tenus par les mains Sans dire… parmi les fleurs obscures ;

Nous marchions comme des fiancés Seuls, dans la nuit verte des prairies ; Nous partagions ce fruit de féeries La lune, amicale aux insensés.

Et puis, nous sommes morts sur la mousse, Très loin, tout seuls, parmi l’ombre douce De ce bois intime et murmurant.

Et là-haut, dans la lumière immense, Nous nous sommes trouvés en pleurant O mon cher compagnon de silence !

Show the whole poemHide the poem

Application Learn Poems

Essaie l’application Learn Poems

Tout l’entraîneur du site, et plus encore : nouveaux exercices, enregistrement vocal et partage, rappels, rappel rapide.

Deux êtres cheminent côte à côte, se tenant par la main sans parler, dans un paysage tendre et un peu étrange. Leur entente n’a pas besoin de mots : ils partagent des pensées pures, la lune devient un fruit féerique, et la nuit verte des prairies les enveloppe comme des fiancés. Le ton est doux, recueilli, presque irréel. La mort, évoquée avec légèreté sur la mousse, n’est pas une rupture brutale : elle conduit les deux compagnons vers une lumière immense où ils se retrouvent en pleurant. Ce qui domine, c’est une complicité silencieuse, une traversée sereine vers autre chose. Le « cher compagnon de silence » reste indéterminé, laissant entendre un amour, une amitié profonde ou une présence intérieure. Le bois devient un lieu intime et murmurant, à la fois refuge et seuil. L’atmosphère est celle d’un songe paisible, mêlant tendresse, mystère et légère mélancolie.

Read also

More by Paul Valéry

All poems
CheerfulPaul Valéry

Le Sylphe

Ni vu ni connu Je suis le parfum Vivant et défunt Dans le vent venu !
ContemplativePaul Valéry

Les Grenades

Dures grenades entr’ouvertes Cédant à l’excès de vos grains, Je crois voir des fronts souverains Éclatés de leurs découvertes !
RomanticPaul Valéry

L'Abeille

Quelle, et si fine, et si mortelle, Que soit ta pointe, blonde abeille, Je n’ai, sur ma tendre corbeille, Jeté qu’un songe de dentelle.