Les Pas — Résumé

Paul ValéryRomantisk

Tes pas, enfants de mon silence, Saintement, lentement placés, Vers le lit de ma vigilance Procèdent muets et glacés.

Personne pure, ombre divine, Qu’ils sont doux, tes pas retenus ! Dieux !... tous les dons que je devine Viennent à moi sur ces pieds nus !

Si, de tes lèvres avancées, Tu prépares pour l’apaiser, À l'habitant de mes pensées La nourriture d’un baiser,

Ne hâte pas cet acte tendre, Douceur d’être et de n’être pas, Car j’ai vécu de vous attendre, Et mon cœur n’était que vos pas.

Vis hele diktetSkjul diktet

Application Learn Poems

Essaie l’application Learn Poems

Tout l’entraîneur du site, et plus encore : nouveaux exercices, enregistrement vocal et partage, rappels, rappel rapide.

Une présence s’approche du veilleur, à pas lents, sacrés, retenus. Le poète ne nomme presque pas cette figure : il capte seulement des pas — un bruit léger, une ombre divine, une personne pure. L’attente amoureuse est ici une veille : le lit devient « de vigilance », et chaque pas semble nourrir celui qui guette. Ces pieds nus apportent tous les dons imaginés, comme une promesse.

Le climat est suspendu, entre désir et pudeur. L’être attendu est à la fois réel et intérieur, « enfant de mon silence ». Le locuteur demande de ne pas hâter le baiser, car la douceur tient à ce moment où la présence est sur le point d’être, sans l’être tout à fait. Il a vécu d’attendre ; son cœur n’était que ces pas. L’émotion naît moins de la rencontre que du frôlement, de l’imminence.

Les også

Mer av Paul Valéry

Alle dikt
RomantiskPaul Valéry

Le Bois amical

Nous avons pensé des choses pures Côte à côte, le long des chemins, Nous nous sommes tenus par les mains Sans dire… parmi les fleurs obscures ;
EttertenksomPaul Valéry

Le Vin perdu

J’ai, quelque jour, dans l’Océan, (Mais je ne sais plus sous quels cieux), Jeté, comme offrande au néant, Tout un peu de vin précieux…
RomantiskPaul Valéry

L'Abeille

Quelle, et si fine, et si mortelle, Que soit ta pointe, blonde abeille, Je n’ai, sur ma tendre corbeille, Jeté qu’un songe de dentelle.