Verlaine y peint un paysage tout imprégné de douceur et de lassitude amoureuse. Les bois frissonnent, les brises enlacent, de petites voix murmurent dans les branches grises : rien n’est décrit avec netteté, tout devient sensation diffuse. L’extase se confond avec la fatigue, le chant léger de l’herbe avec le roulis sourd des cailloux sous l’eau. Ce n’est pas un simple décor, mais un état d’âme tendre et mélancolique.
Dans la dernière strophe, cette plainte dormante devient celle des deux amants : l’âme qui se lamente, c’est « la nôtre », la tienne et la mienne. Le poème glisse alors de la nature vers un dialogue intime et presque chuchoté. L’atmosphère est tiède, assourdie, crépusculaire. Le locuteur ne cherche pas à expliquer, mais à faire sentir une langueur partagée, où le désir se mêle à une vague tristesse.