L’automne y apparaît comme une plainte musicale. Les « sanglots longs / Des violons » ne sont pas une simple image : ils font entendre une tristesse sourde, une langueur monotone qui blesse le cœur. Le locuteur ne raconte pas un événement, il laisse monter un état d’âme. Quand l’heure sonne, le souvenir des jours anciens revient et fait naître les larmes. Il se sent alors emporté par un vent mauvais, sans résistance, comme une feuille morte ballotée de côté et d’autre. La nature ne console pas : elle accompagne et prolonge sa mélancolie. Les vers très courts, les sonorités répétées et le rythme presque berceur donnent l’impression d’une chanson triste qui tourne sur elle-même. C’est moins un paysage d’automne qu’une sensation de lassitude et de fuite, où tout devient vague, fragile et passager.
Chanson d'automne — Résumé
Les sanglots longs Des violons De l’automne Blessent mon cœur D’une langueur Monotone.
Tout suffocant Et blême, quand Sonne l’heure, Je me souviens Des jours anciens Et je pleure ;
Et je m’en vais Au vent mauvais Qui m’emporte Deçà, delà, Pareil à la Feuille morte.